Quelle résonance de l'épidémie du Covid 19 sur notre enseignement, notre série ?

 

L'épidémie du Covid 19 provoquée par le virus Sars- Cov-2 a débuté à Wuhan, province chinoise du Hubei en décembre et s'est ensuite propagée en Asie puis en Europe et en Amérique avec son décompte officiel ou supposé de cas avérés et asymptomatiques, de malades hospitalisés et de décès.

Avec au 20 mars ses 12 612 cas, 5 226 hospitalisés et 450 décès, la France est passée en quelques jours de l'insouciance à l'état de guerre, au confinement, au couvre feu dans certaines villes puis à la crise sanitaire avec le sentiment que le pire est à venir, que les scénarios prévoient la répétition du risque dans les années à venir, que nos libertés doivent être suspendues pour maîtriser l'onde de choc, la vague, qu'il y aura un "avant" et un "après" qui sera différent dans les dimensions économiques, sociales, culturelles pour notre mode de vie.

C'est pourquoi le genre humain devra s'adapter comme dans le passé même si la belle époque est toujours celle qui nous tourne le dos !

L'épidémie du Covid 19 résonne pour notre enseignement de façon particulière par nos programmes et les orientations professionnelles choisies par une majorité de nos bacheliers qui se fédèrent autour de valeurs communes comme le soin, la solidarité, le collectif...

Comment ne pas rappeler aujourd'hui que le regard parfois méprisant porté sur les formations médico-sociales qui ne préparent pas aux "premiers de cordée", qui ne s'inscrivent pas dans le portfolio des futurs décideurs avec la priorité donnée aux disciplines scientifiques ou littéraires, aux épreuves d'éloquence et en général au goût pour la compétition, celle qui est cotée dans les places boursières, les réseaux d'influence.

Comment ne pas rappeler aujourd'hui que le "moindre Etat" éclaire le constat de cette situation inédite et chaotique où le personnel soignant est par exemple privé de masques pour se protéger, les malades de respirateurs pour être soignés...

Comment justifier le paradoxe actuel entre cet élan de nos décideurs vers les professionnels de santé, ces applaudissements de la population chaque soir depuis les balcons alors que nombre de plans, de programmes n'avaient d'autre objectif que de rationaliser, c'est à dire d'appauvrir les moyens en personnels, en équipements hospitaliers publics...

L'épidémie du Covid 19 nous convie à nous rapprocher du préambule de notre cycle terminal de Sciences et techniques sanitaires et sociales qui invite les élèves à "analyser dans leur complexité des situations d'actualité sanitaire et sociale pour en comprendre les enjeux".

Cette pandémie n'est-elle pas le support opportun d'une situation problème qui donne sens à notre discipline, qui illustre les réponses actuelles des acteurs de santé publique et témoigne de leurs faiblesses, de leurs manques de préparation, de leurs projets plus efficaces dans leur formalisme que dans leur réalisation !

Comment ne pas opérer le lien avec le programme de la classe de première qui se questionne sur "l'émergence d'un problème de santé" dans ses dimensions sociales et épidémiologiques, qui s'appuie sur des compétences exigibles comme "analyser les composantes d'une situation de crise".

L'épidémie du Covid 19 nous positionne dans l'enseignement secondaire en première ligne pour rappeler que nos savoirs et méthodologies sur ce sujet ne sont partagés par aucune autre discipline, aucune autre série générale ou technologique, que nous somme les seuls à croiser ces questions en associant différentes sciences comme la biologie humaine, la sociologie ou encore le droit.

Nous nous devons d'être alors visibles dans ces temps où la pédagogie s'inscrit dans des outils de création et de partage d'activités, dans notre contribution à des ressources numériques.

Nous nous devons d'être présents sur les espaces numériques de travail, les plateformes, dans les classes virtuelles pour démontrer que nous ne sommes pas invisibles des autres collègues, des parents, des responsables académiques...

La réussite scolaire, professionnelle et personnelle, la plus value sociétale ne se mesurent pas seulement dans les abstractions et connaissances magistrales mais aussi dans les capacités à aller vers les autres et à contribuer en temps de crise à plus de cohésion sociale et d'humanisme.

Portez-vous bien et à très bientôt !