2020, année du Covid, du contrôle continu et de l'enseignement distanciel

 

Le virus aura t-il raison des examens traditionnels, du stress, des pleurs, des injustices supposées, des matins sans petit déjeuner pour être à l'heure de la convocation et des soirs toujours trop courts pour les révisions ultimes mais aussi des cris de joie, des embrassades sans gestes barrières et de la perspective qu'après le collège et le lycée, est enfin venu le temps de l'indépendance, de l'adulte, de la liberté...

Le virus aura t-il eu raison de ces épreuves certificatives terminales et de leur rite initiatique où le succès et l'échec se mesurent à des compétitions, des performances, des rendez-vous préparés et sensés représenter le mérite personnel, l'égalité républicaine et jacobine qui se partagent entre pairs, élus qui vont se retrouver l'année suivante sur des campus libérateurs des corps et des esprits...

 

Le virus a t-il été plutôt responsable d'un moment d'abandon institutionnel, d'une "déroute normative et pédagogique" inédite ou a t-il anticipé une volonté politique annoncée et déjà traduite partiellement dans l'organisation de nombreux diplômes professionnels secondaires ou supérieurs avant d'être généralisé ?

Depuis plus de vingt ans, les grilles d'évaluation diagnostiques ou formatives n'ont-elles pas donné toute leur valeur aux attendus ou critères mais aussi aux objectifs déclinés dans des référentiels qui additionnent des capacités sans toujours se préoccuper de leurs transférabilité mais aussi de leur exposition raisonnée et innovante.

 

Le virus va t-il donner raison aux algorithmes qui au quotidien contraignent le devenir et conduisent au déterminisme béhavioriste, aux stimuli attendus selon son statut, son rôle, son rang dans une société heureuse car compartimentée, classée et de plus en plus  suivie par des objets connectés, des procédures qui lui tracent son parcours et la préserve de toute déviance, de toute rencontre avec une menace sociale ou sanitaire !

Ce virus n'a t-il pas donné raison aux partisans des apprentissages à distance, des MOOC, SPOC, e-learning ou Virtual Learning Environnement nourris par des GAFA qui optimisent leurs recettes avec nos données...

La pandémie n'est-elle pas une opportunité bienvenue de changer de monde et déjà d'organisation avec le télétravail, la télémédecine, le téléenseignement mais aussi d'évaluation, pas celle qui sanctionne, qui renforce les inégalités sociales mais qui guide dans la durée, réconforte et justifie toujours sa décision en cochant des cases numériques !

 

Le bac 2020 sera en contrôle continu et celui de 2021 en partie comme annoncé (40% du résultat final) mais peut être aussi  distanciel  ou hybride avec des Travaux pratiques ou dirigés en groupe à effectif réduit dans les lycées et des cours en ligne publics et privés avec un accompagnement tutoré par un enseignant ou un coach.

Il en sera de même pour les BTS avec une alternance de temps en entreprise, en lycée et au domicile avec un co-suivi éducation/économie.

Le temps du professeur sera ainsi distribué sur différents espaces publics et privés, avec plusieurs rôles comme facilitateur, coordonateur, animateur et parfois maître !

 

Le virus a été celui qui a révélé de nouvelles perspectives, il est temps de quitter "l'ancien monde" pour procéder à un reset, à une autre gouvernance avec de nouvelles technologies, de nouveaux métiers mais aussi  à de nouvelles politiques éducatives pour appuyer ces changements.

Le temps du reformatage est arrivé !