La série ST2S se porte bien !

 

La série ST2S se porte bien, reste toujours en troisième position pour les candidats présents au bac (24 102) après STMG et STI2D et supérieur par exemple à la série STL (9 120), son pourcentage de réussite à l'examen de la session de juin 2019 était de 90,6%, devant les séries STAV, STI2D, STL, STMG, le pourcentage d'accès dans les IFSI de 40% à la rentrée 2019... malgré la diversité des situations selon les Académies et les établissements, malgré les premiers effets de la réforme du lycée avec en particulier la suppression de l'obligation d'enseignements d'exploration en classes de seconde, malgré la réforme avec Parcoursup des modalités d'entrée dans les écoles d'infirmier ou de travailleurs sociaux, malgré l'image qui continue d'être donnée dans certaines communications portant sur l'orientation... ces "malgré" ne sont pas des obstacles mais peuvent être transformés en atouts !

La fin de l'année civile est habituellement celle des nouvelles communications (brochures, plateformes...) destinées aux lycéens et à leurs parents ainsi que la proposition de salons, forums destinés aux collégiens ou encore aux élèves de terminale mais aussi à tous ceux qui veulent se réorienter, changer de projet... C'est aussi déjà le temps de préparer la rentrée suivante pour les établissements, de faire les premiers bilans, d'imaginer les premiers parcours pour chaque élève de seconde en croisant capacités individuelles et offre de formation.

 

Le moment est alors venu de s'interroger sur les regards habituels portés sur notre filière, notre série qui se déclinent en plusieurs registres.

Ainsi certains jugements entendus comme par le passé portent déjà sur la filière, celle technologique qui serait celle offerte aux élèves qui n'ont pas démontrés en classe de seconde des compétences remarquables ou remarquées, une sorte de "voie de délestage" pour conducteur imprudent vers des destinations inaccessibles et en oubliant par exemple ceux qui en ont fait un projet positif dès la troisième, par exemple en demandant une option

technologique comme Santé/Social. Les filières technologiques ne sont pas toutes choisies par défaut !

 

Les propos entendus sur la filière s'attardent sur la nécessaire démarche empirique, celle du "faire" et pas du concept, celle de la réponse à des procédures imposées qui ne sollicitent pas le raisonnement ni la prise de décision ! Les enseignements scientifiques s'autocensurent et préférence est donnée à priori aux activités qui s'appuient sur une observation sans démonstration et empêchent des études longues !

Ainsi certains jugements entendus portent aussi sur la série avec les caractéristiques du public accueilli comme le sexe et l'origine sociale, les valeurs attendues auprès de ces élèves en témoignent comme l'appétence pour les relations humaines, la disponibilité, le don, le maternage...

Des indicateurs sociaux sont relevés comme la profession des parents, le revenu familial... et par déduction, l'absence de culture générale, les difficultés d'analyse, le manque d'ambition !

Ainsi ces perceptions et sentiments se répètent dans l'histoire des murs scolaires, des salles de professeurs, des lieux de décision, des mentalités pour devenir pour certains des "vérités" qui seraient confirmées aujourd'hui par les neurosciences et non plus par les sciences humaines trop molles, sujettes à caution !

Éternel débat entre l'inné et l'acquis !

Le moment est venu de combattre ces pré requis comme dans le passé en s'appuyant sur nos réussites et besoins dans ce secteur professionnel exprimés par la société, pourquoi continuer d'affirmer que les admis dans les écoles du paramédical sont pour la plupart des bacheliers des séries S ou STL, que les bacheliers L, ES et ST2S ont davantage leurs chances en IFSI ("entrer dans le sup", Onisep, 2020), que "les bacheliers ST2S peuvent

envisager des études de BTS, DUT dans le paramédical à condition d'avoir un excellent niveau en sciences, la priorité étant souvent donnée aux bacheliers S et STL (Fiche bac 2020, après le bac ST2S, onisep).

Des discours similaires peuvent être reproduits pour les formations sociales qui se tournent en priorité vers les bacheliers généraux qui sont à priori perçus comme des meilleurs observateurs de la pauvreté ou des dysfonctionnements sociaux !

Comme pour les filières de l'enseignement général (note de la Depp, novembre 2019) "la réforme du lycée n'a pas gommé les inégalités sociales et de genre dans l'orientation" (Café pédagogique, 11/2019) en particulier dans la voie technologique mais le succès de nos lycéens sera le meilleur ambassadeur contre les préjugés.

Nous pouvons y contribuer grâce à nos programmes, nos méthodes de travail et notre présence dans les lieux de partage de l'information et de décision au niveau national comme territorial.

Nous pouvons y contribuer avec notre parole quotidienne devant les élèves dans les cours, les temps dédiés à l'accompagnement, à la vie de classe...