Une année 2020 pas si nouvelle !

 

 

Nouvelle année, nouvelle dizaine avec seulement deux chiffres à répéter, deux et zéro qui signifient l'excellence personnelle dans le tableau d'honneur de l'évaluation scolaire, la note qui est en haut du classement, qui offre tous les choix d'orientation, qui donne de la fierté au sujet et à son entourage et qui permet toutes les ambitions collectives pour les douze mois à venir !

Nouvelle année et son actualité éducative qui s'inscrit dans les politiques et mesures prises dans un passé récent, tel est le cas de la réforme du lycée (rentrée 2019) ou encore celle de l'orientation post bac (Parcoursup, 2018) et de l'accès aux études paramédicales et sociales (universitarisation des formations, 2019).

Nouvelle année qui laisse toujours apparaître les spécificités du système éducatif français, de genre ou de société... les filles et les garçons n'affichent toujours pas les mêmes ambitions scolaires, comme rapporté dans un article du "Monde" du 8 janvier 2020 qui reprend l'analyse de la psychologue Françoise Vouillot, "à trois ans déjà un élève de petite section comprend que ce sont plutôt les femmes qui s'occupent des petits enfants" ou encore" les activités motrices sont toujours proposées aux garçons à l'école primaire alors que les filles reçoivent des compliments pour leur calme et tenue vestimentaire !"

Dans la dernière étude PISA parue en décembre 2019 qui portait sur 2018, ne pouvait-on pas lire aussi que "la France est l'un des pays de l'OCDE où le lien entre le statut socio-économique et la performance est le plus fort avec une différence de 107 points entre les élèves issus d'un milieu favorisé et ceux d'un milieu défavorisé". Ce poids des inégalités se retrouve dans l'orientation avec des élèves qui ont des ambitions plus ou moins élevées.

Nouvelle année qui rappelle toujours ces constats dans un contexte de changements de programmes, d'évaluation et de procédure d'orientation post bac avec des enjeux affichés de correction des reproductions sociales.

La réforme du lycée n'affichait-elle pas le souhait d'apporter une culture commune à tous et la possibilité de choisir des voies (générale ou technologique), des spécialités sans conforter les stéréotypes et les destins sexués.

Le premier constat en janvier 2020 est autre et s'inscrit davantage dans la continuité comme en témoigne les premières auditions le 8 janvier 2020 devant la Commission de l'éducation au Sénat, "la vérité c'est que les maths et les sciences restent la voie royale des plus favorisés et que les filles choisissent davantage les lettres et les garçons les sciences !

La réforme du lycée avait pour objet également de simplifier l'examen du bac en ne retenant que trois épreuves terminales par série (Philosophie et deux spécialités) avec un grand entretien reposant sur un projet préparé dès la classe de première par le lycéen. Cette première partie (60% du total) devait être complété par un contrôle continu (30% + 10%) avec le sigle E3C.

Le second constat en janvier 2020 est autre et témoigne pour les élèves et les enseignants d'un dispositif complexe, précipité, inégal selon les territoires et stressant pour l'administration, le professeur et l'élève !

Tous les intérêts attendus du contrôle continu sont remis en cause pour des questions de forme et de fond, ainsi les sujets ont été connus tard, sont d'inégale difficulté, sujets au piratage ou infaisables !

Sur le fond, la première critique est celle d'un inégal traitement entre candidats, établissements ainsi que des corrections très incertaines faute de barème harmonisé et de temps réservé à l'exercice...

Toutes ces observations ne sont pas vraiment nouvelles, seulement réactivées comme la dénonciation de programmes trop lourds, le nombre d'heures dédié à la discipline ou encore le nombre d'heures dédoublées insuffisants. Deux visions s'opposent entre administration centralisée et autonomie des établissements !

Nouvelle année ou plutôt continuité de Parcoursup instauré en 2018 qui a pris tout son sens dans notre série en 2019 avec l'intégration des formations infirmier et de travailleurs sociaux dans la procédure. La suppression des concours avait engendré de nombreuses inquiétudes pour certaines de la même nature que celles précédentes (E3C), subjectivité des commissions de sélection, dossiers d'évaluation plus ou moins sévères, priorités données aux bacheliers généraux, aux lycées du centre ville...

Le troisième constat en janvier 2020 est plutôt positif pour cette première session IFSI même si il a été différent selon les régions. Dans tous les cas les bacheliers technologiques ST2S ont eu toute leur place dans le classement final (37% des admis) de par leurs compétences, leur motivation, leur engagement sociétal et leur culture en santé publique et en action sociale.

Même si le bilan est sans doute à nuancer pour les formations sociales qui ont maintenu des entretiens pour accéder en première année, cette année 2020 devrait s'inscrire aussi dans cette perspective positive.