Pourquoi des associations de professeurs spécialistes comme l’APSMS ?

La première réponse à cette question est à rechercher au début du xxème siècle avec la loi de 1901 qui reconnaissait « la liberté pour tout citoyen d’être ou non membre d’une association, convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices ».

Les professeurs du Secondaire vont dès lors comme d’autres catégories de fonctionnaires fonder des associations professionnelles ou encore sociétés de deux natures, les premières, corporatives qui font office de syndicats regroupées dans une Fédération nationale des professeurs de lycée (l’autorisation de se syndiquer accordée aux fonctionnaires date de 1924) et les secondes, disciplinaires.

C’est ainsi pour ces dernières que se sont créés en 1903 la Société des professeurs de langues vivantes de l’enseignement public, en 1906 l’Union des physiciens ou encore en 1909 la Société des professeurs de français et de langues anciennes et en 1910 l’association des professeurs de mathématiques.

L’APSMS sous sa dénomination actuelle fêtera son 20ème anniversaire à Colmar en 2007, elle aura entre temps contribué au développement du Brevet social (années 1960) puis du Baccalauréat de technicien F8 (1973) qui deviendra technologique SMS (1995), ST2S en 2009, réformé en 2014 et 2021.

Cette coexistence de deux organisations avec les syndicats et les associations d’enseignants persiste aujourd’hui dans une perspective de complémentarité qui n’est pas exempte de tensions mais avec pour chacune une identité professionnelle spécifique dans l’intérêt de l’enseignant mais aussi des élèves et étudiants, du système éducatif.

 

La seconde réponse s’inscrit dans les valeurs et la gouvernance du milieu associatif, adhérer à une association de professeurs spécialistes représente un souhait de développement personnel mais surtout d’appartenance consentie à un groupe pour mutualiser les idées et les actions dans l’intérêt général.

Adhérer à une association, c’est contribuer à une démocratie participative, citoyenne pour mettre son engagement au service d’un territoire ou comme ici d’un enseignement, d’une formation secondaire et/ou supérieure, d’une famille de métiers…

Ainsi combien de fois depuis son origine l’APSMS est intervenue avec le soutien des adhérents au sein des établissements scolaires, des Académies, du Ministère chargé de l’Éducation mais aussi des instances administratives et professionnelles pour rappeler le sens et le contenu de la formation, pour gommer les préjugés, pour rappeler que toutes les filières d’enseignement sont d’égale dignité, pour échanger en toute transparence et indépendance avec les autorités de tutelle, d’inspection ou encore avec la Conférence des associations qui regroupe la majorité d’entre elles.

Rappelons que chaque adhérent contribue au financement de l’association par sa cotisation annuelle et à son organisation (droit de vote en Assemblée générale, participation aux instances représentatives), ce n’est pas un actionnaire, son intérêt n’est pas individuel mais général.

La troisième réponse se situe dans les missions de l’association, ainsi l’APSMS assure la promotion de sa discipline et indirectement de la série ST2S mais aussi par exemple des STS ESF et SP3S au niveau local et national, elle assure une veille scientifique, didactique, pédagogique du champ disciplinaire, elle assure un partenariat avec tous les acteurs de la santé et du social, formateurs et professionnels pour constituer un réseau d’échanges.

L’organisation annuelle de Journées d’étude nationales avec la contribution de Laboratoires universitaires ou encore d’Instituts de formation comme l’EN3S ou l’EHESP témoigne de cette volonté d’animer des débats thématiques avec une réflexion universitaire illustrée de références aux programmes et construction de séquences et séances, on peut citer en 2006 le questionnement sur « la gestion de l’imprévisible en santé publique » qui raisonne en 2020/21 avec la crise du Covid ou encore en 2017 « l’accès aux droits », priorité des nouvelles politiques sociales pour les publics les plus fragiles.

L’APSMS appelle aussi tous ses adhérents à partager son site internet (Lettres d’information, sources documentaires…) mais aussi ses échanges quotidiens sur twitter ou facebook.