Fier et heureux d'enseigner les STSS au temps du Covid et après

L'enseignement des Sciences et techniques sanitaires et sociales (STSS) n'a pas toujours été encouragé par le regard porté sur lui des autorités académiques, de certains collègues des autres disciplines générales ou des familles de lycéens.

Les "doutes" depuis les années 70 (déjà 50 ans !) portaient sur son caractère interdisciplinaire (sociologie, droit, économie, santé publique...), sur sa proximité avec une dimension professionnalisante ( bureautique, techniques professionnelles, communication en santé et action

sociale, méthodologies appliquées au secteur sanitaire et social), ses débouchés multiples (secrétariat médico social jusqu'en 1992, infirmier, éducateur...), sur son public genré...sans oublier à titre anecdotique sa dénomination souvent changeante sans lien avec les matières universitaires, comme sciences médico-sociales (SMS), aspects psycho-socio juridiques (APSJ) avant STSS !

Les "doutes" ou images stéréotypées venaient aussi de certains professionnels de l'orientation qui insistaient non sans malice sur les origines supposées de la formation, l'enseignement ménager ou encore le nursing, en résumé une affaire de filles ! Ces "doutes" ont conduit la discipline pendant longtemps à se voir refuser l'agrégation (2013) et donc de bénéficier par exemple d'un corps d'inspection sauf exception de la discipline... Les études supérieures étaient bridées dans des formations "réservées", souvent courtes (bac+2) et dans tous les cas hors de l'Université et des Grandes écoles.

L'enseignement des Sciences et techniques sanitaires et sociales (STSS) a connu de nombreuses réformes (1992, 2006, 2012) avant celle du lycée de 2019 qui se termine avec un nouveau bac en 2021 et qui consacre des spécialités qui se substituent aux séries L, ES et S mais

aussi dans une moindre mesure à celles technologiques.

L'ambition du programme de STSS est de se rapprocher des attentes de l'enseignement supérieur en développant des capacités d'analyse, de synthèse, d'argumentation, en privilégiant l'acquisition de repères culturels sur des savoirs encyclopédiques mais en revendiquant un droit à la différence pour des élèves qui ont besoin plus que d'autres d'un contexte d'étude, de méthodes, d'outils qui s'inscrivent dans des situations-problèmes, une démarche inductive (préambule du nouveau programme).

Ce lycée n'est plus celui qui conduit en priorité au bac, devenu examen certificatif en cours de formation surtout en 2020 et 2021, validé par tous ou presque (90,6% en 2019, 97,1% en 2020 en ST2S) mais celui qui permet d'accéder à Parcoursup et surtout d'obtenir une licence ou un diplôme d'état équivalent, un bachelor et après un master...

L'enseignement des Sciences et techniques sanitaires et sociales (STSS) a prouvé au cours de cette année 2020 toute sa pertinence dans le système éducatif français pour sa contribution à la santé publique et être un maillon pour former les futurs paramédicaux, socio-éducatifs ou administratifs de la santé et du social.

Son programme a répondu aux interrogations actuelles (émergence d'un problème de santé, modes d'intervention en santé, système de santé, protection sociale) et aux besoins de préparer des étudiants à s'inscrire dans des carrières de la santé et du social. Tous ces métiers sont actuellement en tension et sont incontournables lors des épidémies mais pas seulement (vieillissement de la population, problèmes environnementaux...), ils devancent aujourd'hui les préoccupations économiques ou financières d'une société de libre échange et de croissance très largement modèle dominant dans les années passées, avant un nouveau monde annoncé !

Cette période a renversé les valeurs et les intérêts même si les inégalités de santé et sociales n'ont jamais été aussi criantes, la pauvreté en augmentation, les besoins en personnels de solidarité croissants.

L'absence de candidatures aux demandes d'emploi d'aide soignant, d'infirmier, d'auxiliaire de vie pour des publics fragilisés par la maladie, le chômage, le manque d'anticipation des politiques sociales sont autant d'indicateurs d'une société qui a mis de côté les invisibles contributifs d'un bien être collectif qui leur était refusé pour eux mêmes (salaire, conditions de travail...).

Dans l'urgence, certains préconisent déjà des formations diplômantes accélérées de trois mois grâce à la réactivité d'organismes de formation professionnelles labellisés de circonstance pour des aides ménagères, des aides soignantes, des assistants sanitaires et pourquoi pas demain des infirmiers ou des médecins !!

Nous avons toute notre place dans ces nouveaux défis pour démontrer notre expérience, nos qualifications, notre sérieux pour préparer demain des professionnels authentiques !