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Accompagnement des Familles Monoparentales

Les familles monoparentales ou encore dénommées parents isolés, parents solo font l'objet de toutes les attentions des politiques sociales au même titre que les enfants en danger, les personnes âgées en perte d'autonomie ou en situation de handicap.

Les familles monoparentales, à large dominante féminine sont en constante augmentation depuis les années 1970 avec la transformation des structures familiales (ruptures) mais pas seulement.

Selon une étude du Centre d'observation de la société en 2017, "la proportion de familles monoparentales dans l'ensemble des familles est passée de 9,4% à 23% entre 1975 et 2014 selon les données du recensement de l'Insee", 82% des cas sont constituées d'une mère avec ses enfants.

Pour le site inegalites.fr, famille monoparentale rime souvent avec pauvreté, 34,9% d'entre elles disposent de revenus inférieurs au seuil de pauvreté, ce sont les mêmes qui connaissent des restrictions (alimentation, vacances...) ou encore qui ne peuvent pas payer leur loyer, sont surendettées, vivent dans un logement trop petit et ont des difficultés à le chauffer...


Les réponses sociales mobilisent de nombreux acteurs publics et privés qui participent aujourd'hui au plan pauvreté national et territorial tourné vers les familles vulnérables, les territoires les plus fragiles... le versement de prestations financières pour aboutir à un socle minimum de revenus (projet d'un RUA) n'a de sens que s'il est suivi d'équipements, de mesures d'accompagnement dont certaines sont connues ou expérimentales, limitées dans le temps.


Il en est ainsi du dispositif RELIANCE qui a débuté en 2018 pour trois ans dans la métropole du Grand Nancy dont les bénéficiaires sont les parents seuls chargés de famille et au RSA depuis deux ans ou plus.


L'approche du sujet dans les programmes du bac ST2S et des BTS ESF et SP3S : extraits


En classe de Seconde générale et technologique, l'option Santé et Social proposée aux lycéens inscrit dans son programme des questionnements sur "pauvreté, logement et santé" ou encore sur "vivre ensemble sur un territoire" avec comme objectif une réflexion sur la cohésion sociale.


Dans le cycle terminal technologique ST2S, le programme de STSS incite les élèves à identifier et analyser les besoins des individus et des groupes sociaux ainsi que leurs déterminants. Les réponses apportées par les politiques publiques, les dispositifs et les institutions sanitaires et sociales sont étudiées.


Le pôle méthodologies invite à découvrir dans le cadre d'une démarche d'étude ou de projet des méthodes et outils de description et d'analyse, développe des compétences en recherche documentaire...


En classe de première à titre d'exemple des notions comme la pauvreté, la précarité ou le processus d'exclusion doivent être abordées.

En classe terminale, des dispositifs s'inscrivant dans une politique sociale doivent mettre en évidence le périmètre et les modalités de l'intervention, les acteurs, le cadre institutionnel et le financement.


Dans le référentiel du BTS ESF, les savoirs associés portent par exemple sur la Connaissance des publics (étude de la famille) ou encore sur la Connaissance des politiques, des dispositifs et des institutions (politique de la famille).


En BTS SP3S, le module "A" porte sur la connaissance des structures sanitaires, sociales, médico-sociales et de la protection sociale, le module C sur les "prestations liées à la famille" et le module "B" sur les publics avec des notions comme la stigmatisation sociale, l'intégration sociale.

Les prestations :

La politique de soutien à la parentalité mobilisent différents acteurs comme l’État, les collectivités territoriales, la branche famille de la Sécurité sociale, les associations...

Les mesures associent prestations et services, le site "parent-solo" propose cette classification :

Les aides liées à la procédure de divorce : pension alimentaire, prestation compensatoire, aide juridictionnelle

Les aides sociales : Revenu de solidarité active (RSA), allocation de soutien familial (ASF), aide au recouvrement des pensions alimentaires, complément familial, aide complémentaire santé, aide fiscale d'une demi part supplémentaire.

Les aides sur la garde et la scolarité des enfants : prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), aide à la garde d'enfants pour parents isolés, complément de libre choix d'activité ou prestation partagée d'éducation de l'enfant (après 2015), allocation de rentrée scolaire, fonds social pour les cantines.

Les aides au logement : aide personnalisée au logement, allocation de logement familial, fonds de solidarité pour le logement, chèque énergie

Les aides aux loisirs : carte familles nombreuses, carte avantage famille

Les aides à la reprise d'emploi : Pôle emploi peut verser une aide à la mobilité, une aide au permis de conduire B, une prime d'activité.


La convention d'objectifs et de gestion entre l'Etat et la CNAF : 2018/2022 Cette convention définit les ambitions de la branche famille, déclinée par thèmes dont l'un porte sur l'accompagnement social des familles, "levier essentiel d'intervention, complémentaire du versement des prestations légales et des équipements et services financés par les Caf".

La branche s'engage à créer les conditions favorables à l'insertion comme par exemple développer des actions concourant à l'accélération des parcours et conditions d'insertion professionnelles ciblées sur les familles vulnérables.

Des engagements suivis d'actions sont déclinés sur cette thématique avec leur évaluation : - mettre en place un parcours interbranches - mobiliser les dispositifs partenariaux participant à l'insertion sociale et professionnelle - renforcer les compétences des travailleurs sociaux en cohérence avec les offres de service de la branche - mesurer le taux de recours aux offres grâce à un indicateur dédié - finaliser la conception de l'outil de suivi et d'évaluation des offres d'interventions sociales - conduire une étude selon une méthodologie appropriée pour mesurer les effets de l'accompagnement social.

Le dispositif expérimental Reliance à destination des familles monoparentales :

Rappelons selon Edgar Morin que "notre société sépare plus qu'elle ne relie, ce qui fait de nous des êtres en mal de reliance qui commande les autres impératifs comme tolérance, liberté, fidélité, amitié, amour, respect, courtoisie à l'égard d'autrui, de la communauté, de la société, de l'humanité". La reliance est définie comme "un besoin naturel de connexion, elle permet de se sentir inclus dans un système quel qu'il soit, cela donne un sens et une finalité à l'existence".

Reliance sur la métropole du Grand Nancy est un nouveau dispositif expérimental d'accompagnement social porté par trois associations (Arélia, ULIS, ECOVAL) et soutenu par des partenaires financiers comme le Conseil départemental et la CAF de Meurthe et Moselle mais aussi la CNAF et la Caisse des dépôts et consignations. D'autres acteurs sont partie prenante comme Pôle emploi, la DIRECCTE, la DDCS, la DSDEN, le CIDFF.

L'équipe sur le terrain est constituée de trois travailleurs sociaux et de deux agents administratifs. Un Comité opérationnel réunit l'ensemble des partenaires de l'action tous les deux mois, l 'évaluation revient aussi au Directeur de l'action sociale et de l'insertion du CD 54 ainsi qu'aux cadres de la CAF 54 et à la CNAF qui est chargée des évaluations quantitatives et qualitatives jusqu'à deux ans après la fin de la prise en charge, c'est à dire 2022.

Parmi les attendus, figure 25% de sorties dynamiques (emploi durable, CDI, CDD, formation...) au lieu des 7% habituels pour ce public.

Reliance a pour objectif de développer l'autonomie des personnes accompagnées pour qu'elles puissent mener à bien les démarches d'insertion nécessaires à leur projet mais pas seulement. L'objet est aussi de trouver sur un même lieu l'essentiel des besoins permettant de faciliter la vie de la parentalité à travers les échanges et les envies comme la couture, l'informatique, les sorties, le budget, les aides aux devoirs....

Reliance alterne les modalités d'accompagnement alternant des phases individuelles et collectives.

Les premières se font à travers des entretiens personnels réguliers avec les travailleurs sociaux pour faire le point, se fixer des objectifs intermédiaires, échanger sur la garde des enfants, les transports, les allocations... Les secondes sont des périodes d'animations en ateliers afin de faciliter l'investissement de chacun par sa qualité d'écoute, de développer la créativité de tous à travers les échanges.

Les ateliers portent sur : - l'accès aux droits, les modes de garde, le rapport à soi, la santé - la construction du projet professionnel, du projet de vie - les réseaux d'échanges, de compétences et de savoirs, la citoyenneté et le bien-être. Par exemple le dernier atelier se propose d'être acteur dans la société, de prendre soin de soi (relaxation, gestion du stress) grâce à l'art thérapie mais aussi par des activités ludiques et manuelles...

Quelques chiffres : Budget global annuel : 220 000 euros Cohortes : 71 personnes (2018), 72 personnes (2019), 100 personnes attendues en 2020 Taux de sorties dynamiques : 46% (2018), 38% (2019)

Renseignements : Vandoeuvre lès Nancy - 03 83 98 40 26 - reliance@arelia-asso.fr

Sources : "Famille parentale rime souvent avec pauvreté", 2017, www.inegalites.fr "Familles monoparentales: la progression continue", 2017, www.observationsociete.fr "toutes les aides pour la famille monoparentale et parent isolé", 2017, www.parent-solo.fr "Comment concilier travail et enfants ?", 2018, www.caf.fr " En 2018, 4 millions d'enfants mineurs vivent avec un seul de leurs parents", janvier 2020, Insee Première "Reliance est un nouveau dispositif expérimental", 2019, Pierre Brune, Newsletter , www.arelia-asso.fr